Au cœur de la maraude, avec les bénévoles des Restos du cœur

3 avril 2025

Chaque lundi soir, des bénévoles des Restos du cœur du Bas-Rhin sillonnent Strasbourg et ses environs pour aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent dans la rue. Nourriture, produits de première nécessité et écoute attentive : immersion dans une maraude où l’urgence sociale se conjugue avec la bienveillance.

Crédit photo : GD / bénévole communication RDC67

Il est 19 heures quand les portes du camion se referment. À l’intérieur, des cagettes de salades et de sandwichs, des thermos de café et de soupe fumants, des cartons de couvertures et d’objets de première nécessité. Autour du véhicule, les quatre bénévoles des Restos du cœur du Bas-Rhin s’activent et peaufinent l’itinéraire. Comme chaque lundi soir, la maraude s’apprête à prendre la route. Direction les rues de Strasbourg et ses environs, à la rencontre des plus démunis, ceux qui vivent dans la rue.

À la manœuvre ce soir, Virginie, bénévole responsable de la maraude. Énergique et tout sourire malgré la fatigue, elle donne le départ.

Nous allons au-devant des personnes les plus isolées, celles qui ne se déplacent pas forcément vers nos centres de distribution. La maraude permet de voir où elles sont, de comprendre leurs besoins. On n’apporte pas seulement à manger, mais aussi de quoi se laver, se couvrir…

Virginie, bénévole responsable de la maraude

L’une des haltes se fait dans le parc du Heyritz. Sous la lumière blafarde des réverbères, un campement, fait de tentes de fortune et de bâches, s’étend entre les arbres. Ici vivent plus de 250 personnes – hommes, femmes, et une trentaine d’enfants – venues d’Afghanistan, de Géorgie ou d’Irak.

Parmi les jeunes qui se réchauffent autour d’un feu de bois, Sascha * attend la venue des Restos ce soir. Avec sa mère, l’adolescent se dirige vers le camion de l’association, surtout pour récupérer du savon, des brosses à dents, mais aussi des écharpes et des bonnets pour supporter les températures encore basses en ce tout début de printemps. Son sourire est timide, son français rudimentaire.

Christophe, Patricia et Virginie, bénévoles aux Restos du coeur.

Une fois que tous les bénéficiaires ont été servis, les bénévoles mettent ensuite le cap vers le centre-ville. Ici, pas de tentes, mais des cartons et des matelas posés à même le sol, dans les recoins des rues et sous les porches. Les bénévoles retrouvent des visages connus, pour ainsi dire des habitués. Pour beaucoup, des sans-domicile-fixe, qui vivent en petits groupes.

Outre la nourriture et les vêtements, c’est surtout de l’écoute que leur tend Christophe, l’un des bénévoles. 

Quand on en a, je propose des chocolats, des bonbons. Ça fait plaisir, ça ouvre la discussion. Ils ont surtout besoin de parler, de recréer du lien, de se sentir considérés.

Christophe, bénévole à la maraude

Distribuer à manger, apporter un peu de chaleur, tendre une oreille attentive. Voilà ce que fait la maraude des Restos du cœur, semaine après semaine. Qu’il fasse froid comme ce soir, qu’il pleuve ou que la canicule écrase la ville, les bénévoles sont là, fidèles au rendez-vous.

*prénom changé